Paimpol Coco de Paimpol. Révolution dans la rémunération ?

Y aura-t-il du coco de Paimpol cette année ? « Pas sûr ». Les producteurs menacent de ne pas semer au printemps si les conditions de rémunération de la récolte changent.

17/02/2017 à 16:06 par Magali Lelchat

La rémunération du ramasage du coco de Paimpol est l'enjeu d'un conflit entre les producteurs et le Ministère du travail. -
La rémunération du ramasage du coco de Paimpol est l'enjeu d'un conflit entre les producteurs et le ministère du Travail. (Photo : © La Presse d'Armor)

Les Ministères du travail et de l’Agriculture, poussés par les partenaires sociaux (CFDT, CGT, CFE-CGT) souhaitent que, désormais, les producteurs de coco de Paimpol tiennent un registre des horaires et payent les ramasseurs au SMIC. Ce à quoi les producteurs s’opposent. Si ces nouvelles conditions devaient s’appliquer, ils menacent de ne pas semer au printemps.

Un rapport dans les champs

Traditionnellement, cette récolte se fait à la « tâche », chaque ramasseur étant rémunéré à la pesée du produit sur la base de 130 kg pour 7 heures de travail et 0,45 euros net du kg. La rémunération au rendement permet une certaine souplesse d’horaires dans les champs et paye au plus juste les prestations de chacun, sans exclure personne, estiment les producteurs.

A gros plumeur, meilleur salaire, mais un plumeur peu expérimenté pourra aussi travailler en passant plus de temps dans le champ. Les syndicats dénoncent, de leur côté, « le niveau de rendement imposé pour être rémunéré au SMIC ».

Un constat repris par la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE). Cette dernière s’appuie sur un rapport datant du 7 décembre 2016, rapport dont nos confrères de l’hebdomadaire Le Trégor se sont procurés une copie.

Aucun horaire de travail enregistré

Premier constat, jusqu’à maintenant, aucun relevé horaire n’était tenu, employeurs et salariés reconnaissant une liberté d’horaire en début comme en fin de travail, « aussi bien pour travailler plus de 10 heures par jour que pour ne travailler que des demi-journées ».

Pour autant, la majorité travaille de 8h à 17h, avec une pause repas dans le champ, en amenant leur siège, leur parasol et leur glacière avec nourriture et boisson.

« Dans deux exploitations, quelques salariés ont travaillé 12 jours consécutifs », pointe le rapport. Surtout, des ramassages ont eu lieu le dimanche dans cinq exploitations, ce que la convention collective interdit.

Problème, la rémunération à la tâche ne dispense pas les employeurs de tenir un registre des horaires, rappelle l’inspectrice. Or, « aucun employeur n’a procédé à un enregistrement des horaires de travail alors que les salariés sont employés selon des horaires non-collectifs », conclut l’enquête.

Et ce malgré un rappel de cette obligation adressé aux producteurs en début de saison.

Un salaire horaire inférieur au Smic

Un point en lien direct avec la question de la rémunération. « Les salariés saisonniers embauchés sous CDD à temps plein ne perçoivent pas la rémunération correspondant au temps plein », constate l’inspectrice.

En effet, les salariés sont rémunérés au poids (0,45 euros minimum le kilo en 2016), sur une base de 130 kg pour 7 heures de travail (le Smic étant donc atteint avec 127,48 kg ramassés).

Or, le rapport établit que sur la base de 424 salariés, le poids moyen journalier est de 114,80 kg par salarié. Soit un salaire horaire de 8,71 euros (alors que le Smic est de 9,67 euros). De surcroît avec des balances non vérifiées, sans délivrance de justificatifs de pesée au salarié, et sans majoration de salaire le dimanche ou un jour férié malgré la convention collective…

Une dispense horaire justifiée ?

De leur côté, l’UCPT (Union des Coopératives de Paimpol et Tréguier) et la FDSEA estiment que le code rural leur permet une dispense horaire justifiée par la distance des champs par rapport aux fermes et l’impossibilité du producteur d’être présent simultanément sur tous les champs.

Les producteurs pointent aussi l’atypie de cette culture par rapport aux autres produits maraîchers. Dernière pierre d’achoppement souligné dans le rapport de la DIRECCTE, le logement.

Dans une seule exploitation, des salariés étaient logés dans une maison appartenant à l’employeur », un lieu « insalubre et dangereux (fenêtres cassées, électricité obsolète, douche et WC cassés).

La plupart des salariés devant de toute façon par eux-mêmes trouver un lieu d’hébergement. Dans des conditions parfois précaires régulièrement pointées par les médias. Le 24 janvier 2017, le ministère du Travail a signifié aux producteurs que la dispense horaire ne s’appliquait pas à la récolte du coco.

Vendredi 3 février, la DIRECCTE et les producteurs se sont à nouveau réunis, en vain, semble-t-il.

« La DIRECCTE est malheureusement restée sur sa position de départ », a seulement voulu commenter Gérard Le Meur, président du syndicat du coco de Paimpol.

C’est maintenant lors de l’assemblée générale du syndicat, vendredi 17 février, à 18h à Plougrescant, qu’on en saura plus sur l’avenir du coco et de sa récolte.

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