Paimpol Observés dans la baie. D'où viennent tous ces dauphins ?

Avec les beaux jours, les bateaux sortent et les observations de dauphins se multiplient. Les cétacés auraient-ils élu domicile dans notre baie ?

24/06/2016 à 18:28 par Magali Lelchat

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Les dauphins que l'on peut observer le long de nos côtes. De gauche à droite et de haut en bas : le grand dauphin (3 à 3,5 m ; 300 kg), gris avec un bec, fréquent en Manche. Le dauphin commun (2 m ; 100 kg), bec, dos noir, flancs plus clairs, commun en Manche ; le dauphin de Risso (4 m ; 450 kg), pas de bec, gris strié de blanc et blanchissant avec l'âge, occasionnel en Manche, côtier lorsqu'il cherche seiches et calamars, farouche. Les globicéphales noirs (5-6 m, 800-1 500 kg), pas de bac, front bombé, fréquent durant l'été.

Le dauphin est un animal populaire sur les réseaux sociaux. De plus en plus souvent, ces derniers relaient des images de cétacés jouant autour des embarcations, dans la baie de Saint-Brieuc, autour de la presqu’île de Lézardrieux ou de l’archipel de Bréhat.

Doit-on en conclure que leur population est en augmentation et qu’ils se rapprochent des côtes ? Ou est-ce, plus simplement, le nombre de smartphone et d’adeptes de Facebook qui croît ?

Grand dauphin

« La vérité est entre les deux » reconnaît Fançois Gally, directeur du Groupe d’étude des Cétacés du Cotentin. Basé à Cherbourg, ce groupe a créé l’obs-mam, l’observatoire des mammifères marins.

« Il y a plus d’observations du grand dauphin. Il s’agit d’une population sédentaire qui fréquente normalement une zone allant de la Hague à la baie du Mont Saint-Michel. Mais ces dernières années, on le rencontre de plus en plus fréquemment en baie de Saint-Brieuc et de Paimpol où il n’allait auparavant qu’exceptionnellement ».

Dans le chenal
du Dénou

Un constat partagé aussi par ceux qui fréquentent plus les chenaux salés que les réseaux sociaux.

Jean-Michel, pêcheur-plaisancier de Pors Even, arpente la baie depuis belle lurette. Et il lui semble bien croiser de plus en plus de dauphins.

« Depuis trois ans, j’ai l’impression qu’ils sont plus nombreux à la côte, on croise régulièrement des groupes et même, une fois, un gros ban d’une centaine d’individus dans le chenal du Dénou ».

« On les mangeait »

Pour Christine Dumas, chef d’équipe du service mammifères marins à Océanopolis, l’augmentation des populations de cétacés est la conséquence logique de leur préservation.

« Il y a toujours eu des dauphins mais des mesures de protection ont été mises en place dans les années 70 puis 90. Avant, on les mangeait. Les anciens n’aiment pas trop en parler mais ils mangeaient du dauphin qu’ils appelaient d’ailleurs du marsouin ».

Il est en effet primordial de rappeler que la présence de dauphins dans la Manche n’a rien d’exceptionnelle.

Les eaux bretonnes sont fréquentées par de nombreux cétacés.

« Toutes les espèces de mammifères marins observées en France ont été au moins une fois observées en Bretagne, c’est une région dont la biodiversité est très développée » précise Christine Dumas.

Globicéphales

Ainsi, une population de grands dauphins forte de plusieurs centaines d’individus (500-600) fréquente le golfe Normand-Breton et plus largement la Manche-ouest.

Les dauphins communs sont une espèce abondante en Europe atlantique, près des côtes et plus au large. « Cette espèce pénètre en Manche ouest régulièrement et peut aussi être vue près des côtes » précise Vincent Ridoux, chercheur au Cnrs et directeur du centre de recherche sur les mammifères marins à l’université de La Rochelle.

Plus rare et non sédentaire, le dauphin de Risso. « Mais des petits groupes explorent les côtes nord de Bretagne à la recherche de calamars et de seiches ».

On l’observe notamment au printemps où il cherche pitance près des côtes et rencontre alors des plaisanciers à la recherche des mêmes proies.

Enfin, des groupes de globicéphales noirs visitent les baies, notamment en été, mais sont normalement plutôt concentrés au large.

Campagne

Toutefois, selon le chercheur rochelais : « Il n’est pas réellement possible de dire si les autres cétacés sont plus côtiers qu’avant ».

Les campagnes d’observation scientifiques datent déjà de 2012, la prochaine aura justement lieu l’été prochain et pourra peut-être révéler si les dauphins ont réellement étendu leur terrain de jeu.

INTERDICTION DE LES DERANGER
En cas de rencontre de cétacés à proximité des côtes ou d’une embarcation de plaisance, le comportement à adopter est l’observation à distance sans chercher à interagir avec ces animaux sauvages.
Il faut transmettre les photos à l’Observatoire PELAGIS (université de la Rochelle), à Océanopolis et au Groupe d’études des Cétacés du Cotentin (une application smartphone dédiée existe créée par l’obs-mam : l’Observatoire des Mammifères Marins) pour incorporer ces observations dans des bases de données.
Ces animaux sauvages ne sont pas agressifs mais sont très puissants et leurs mouvements ne sont pas sans danger.                                                              
D’ailleurs, une circulaire de 2010 interdit tout « dérangement » des dauphins.

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